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De la variabilité du vivant aux recherches et collaborations art-science : Bruit Stellaire

En voyant certaines actualités récentes autour des collaborations entre artistes et chercheurs au LEMAR, je repense aux débuts du projet HABIS.

À l'époque, avec Hélène Hégaret, C. Fabioux et moi-même, nous avions participé à la construction d'un programme d'invitations d'artistes en résidence au laboratoire et d'expositions collectives. J'avais notamment rédigé la partie consacrée à la médiation artistique et éducative.

L'ambition était de créer des espaces de dialogue entre pratiques artistiques, sciences marines et recherche sur le vivant. Les questions qui nous animaient alors concernaient déjà les les transformations écologiques, les arts numériques et les relations entre humains et non-humains. Depuis, des artistes, chercheurs, associations et structures ont contribué à faire vivre cette dynamique sous des formes diverses.

Plusieurs années plus tard, il est stimulant de constater que certaines de ces collaborations continuent à produire de nouvelles expositions, œuvres et rencontres.

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Cette année, j'avais prévu de présenter au festival Horizons Open Sea Festival une installation biologique intitulée Bruit stellaire, réalisée avec Hélène Hégaret, biologiste. Cette œuvre s'inscrivait dans la continuité de plus de six années de collaborations de notre duo art-science autour du vivant. Elle explorait une question qui traverse mon travail : la variabilité biologique.

Les systèmes vivants ne sont jamais parfaitement stables. Ils fluctuent, s'adaptent, répondent aux perturbations. Derrière ce que nous percevons parfois comme un ordre naturel se cachent en réalité des ajustements permanents, des déséquilibres temporaires et des formes d'organisation émergentes.

Le dispositif associait cultures biologiques et travail sonore. Une partie de la matière sonore provenait d'enregistrements réalisés dans une crique de Guyane, au cœur de la forêt primaire.

Cet environnement présente une richesse acoustique remarquable : rythmes réguliers et irréguliers, communications animales, interactions multiples entre organismes et milieu, niches acoustiques occupées par différentes espèces. À travers cette installation, il s'agissait de rendre perceptible cette tension permanente entre organisation et variabilité, et faire émerger l'harmonie sonore que l'on peut écouter dans les forêts primaires.

Mon écoute a notamment été nourrie par le travail de Marc Namblard, audio-naturaliste, dont les enregistrements et conférences constituent une référence pour qui s'intéresse aux paysages sonores, aux niches acoustiques et aux formes de communication du vivant. J'ai eu l'occasion d'entendre son travail à plusieurs reprises au Logelloù, en Bretagne, lieu qui contribue depuis longtemps à la diffusion de ces approches sensibles du paysage sonore.

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Bruit Stellaire n'a finalement pas pu être présenté. Plusieurs crashs de cultures biologiques sont survenus durant la phase de préparation. Paradoxalement, cet échec faisait écho au sujet même de l'œuvre.

Travailler avec le vivant implique d'accepter une part d'incertitude.

Contrairement à d'autres matériaux, les organismes possèdent leurs propres temporalités, leurs propres fragilités et leurs propres réponses. Ils résistent parfois aux projets que nous imaginons pour eux.

Cette expérience me rappelle que la recherche art et science permet d'expérimenter concrètement ce que signifie travailler avec des systèmes complexes, instables et vivants. Les cultures ont été relancées et l'exploration continue. Je reste très attachée à ces espaces où artistes, chercheurs, techniciens, associations et habitants construisent ensemble des projets expérimentaux, dans ces zones de rencontre entre disciplines naissent des questions fécondes.

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